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Sur les traces des premiers mineurs de l'Humanité

Parsemé de milliers de puits de mines, le site archéologique de Spiennes – à 6 km de Mons- s’étend sur 100 hectares.

Il témoigne de l’évolution des premières sociétés sédentaires et constitue un terrain de recherches exceptionnel.

Mis au jour en 1867, à l’occasion du creusement d’une tranchée pour la ligne de chemin de fer Mons-Chimay, le site est fouillé depuis cette époque. Les plus anciennes minières ou ateliers de taille retrouvés en place sont vieux de 6400 ans.

Les hommes qui ont commencé à creuser des mines à Spiennes comptent parmi les plus anciens mineurs de l’humanité. Ils venaient de découvrir un gisement riche et de qualité qui allait être exploité pendant plus de 1 800 ans. Au total, une centaine d’hectares sera exploitée et des milliers de puits seront creusés.

Grâce aux bons résultats de l’agriculture, les populations de la fin du Ve millénaire et du IVe millénaire avant notre ère connaissent un essor démographique important. Les villages se multiplient et les besoins en silex augmentent. L’outillage connaît lui aussi une évolution, qui voit, entre autres, la naissance de la lame de hache du bûcheron en silex.

A Spiennes, l’exploitation du silex est née de ces besoins nouveaux. Les mineurs viennent non seulement y extraire la matière première, mais la façonnent, en grande partie, sur place. La production est orientée vers la fabrication de lames de hache aux dimensions et aux formes standardisées.

Avec l’augmentation de cette production, le travail se spécialise… Les mineurs font preuve d’une connaissance géologique étonnante. Ils connaissent la qualité des différents bancs comme leur localisation dans le sous-sol. Ils n’hésitent pas à creuser jusqu’à 16 m de profondeur pour aller chercher de grandes dalles de silex pesant plusieurs centaines de kilos. Ils développent des systèmes d’exploitations souterraines, signe d’un savoir-faire légué par une longue tradition.

Les outils produits à Spiennes se retrouvent dans des villages néolithiques éloignés de plus de 70 kilomètres. Il est plausible d’imaginer que Spiennes était devenu un centre spécialisé d’extraction et de fabrication à destination d’une vaste région.

Les minières néolithiques de Spiennes reflètent, au même titre que les autres monuments repris sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité, la capacité d’invention des êtres humains. Le potentiel archéologique du site constitue un réservoir de connaissance pour les générations futures et, à ce titre, mérite d’être préservé.

Hormis l’incroyable quantité d’éclats de silex qui jonchent le sol à Spiennes, attestant du fait que le silex, après avoir été remonté, était taillé sur place, les fouilles ont mis au jour des milliers d’objets parmi lesquels des haches, des lames en silex, des poteries mais aussi des restes de faunes et de squelettes humains. A proximité, un village néolithique entouré d’une enceinte a été repéré.

 

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